vendredi 18 août 2017

Un été atypique

Après  quelques semaines de pur bonheur, au gré des orages et des canicules alternés, le soufflé est retombé bien vite! Tandis que les nuits fraîches font naître les rosées automnales, les roses n'amorcent pas encore leur remontée et le jardin est plus vert que fleuri! 

La valeurs sûres sont pourtant là et quelques scènes tirent leur épingle de toute cette chlorophylle. J'aime bien celle-ci près de la terrasse qui prend tout son relief le soir, à la tombée de la nuit, aux heures douces...


L'escargot est une jolie allégorie des baveuses moins jolies qui prolifèrent cette année! Des limaces grosses comme des steaks, qui traversent allègrement le pavage pour venir se gaver chez moi... Cette insouciance et leur résistance aux grains bleus "bio" que je leur ai prodigués en début de saison, leur ont valu une cueillette manuelle matin et soir et un déménagement dans les champs voisins où elles peuvent continuer leur festin.
Entre temps, les cosmos, bien des hostas et des dahlias aussi ont été dévorés, irrémédiablement. Jamais je n'ai eu  autant de limaces  dans mon jardin!

Du côté des résistantes, le petit géranium ramené de chez une amie prolifère et fait un joli tapis dans mes massifs. Il est frais depuis plusieurs mois, et je ne m'en lasse pas.


Les Echinacées ont aussi fleuri longuement - heureusement. J'ai pu compter sur leur luminosité et ils bourdonnent du matin au soir - Seita la chasseresse ne s'y trompe pas: elle adore cet endroit entre chaleur du bois  et distractions assurées!


Du côté de blanc, c'est l'Eucomis la vedette. De deux bulbes trouvés dans un supermarché, l'un a bien passé l'hiver et a fleuri, magnifiquement. J'en ai vu chez une voisine de magnifiques pourpres qu'elle garde depuis plusieurs années (même traitement que les dahlias: hors gel de novembre à mai). L'épi fleuri est très apprécié des butineurs.


Plus au nord, j'ai installé sous les rosiers sans fleurs un Echinacée Sunrise. J'aime cette couleur "beurre frais", assez soutenu, c'est vrai.


J'ai pu compter sur l'Hydrangea Phantom, toujours aussi prolifique et enchanteur pour faire le spectacle dans la cour. Je ne m'en lasse pas!


Et pour terminer sur une note charmante, je vous propose la fleur du rosier Golden Wings, si aérienne... mais si rare chez moi! La plante est arrivée dans un piteux état de chez le rosiériste et comme je m'en étonnais, celui-ci m'a gracieusement répondu que "c'était le fond du casier". A prix fort, bien entendu! Lorsque je l'ai planté, Annabel n'avait qu'une tige et semblait devoir grandir bien moins vite que lui, donné pour un grand buisson solide. Mais malgré mes bons soins, ce rosier péclote depuis 2014 (cinq fleurs cette année, et très tardivement... donc pas de remontée). Je songe à le déplacer au printemps, si l'hiver ne dure pas trop longtemps!


Malgré sa mauvaise volonté, je lui pardonne tout pour ses longs cils et la forme si gracieuse de sa corolle!

Je ne vous ais montré que les beaux côtés du jardin... Quand je me promène dans mon mini-domaine, je ne me dis qu'une chose : "... à remanier, à repenser, à déplacer...". L'automne devrait être laborieux!

jeudi 20 juillet 2017

Juillet en scènes

Juillet, mois du farniente... ou presque! Le jardin vit sa belle vie, entre fleurs fanées et boutons d'estivales. Les scènes du mois de juillet ont été particulièrement relevées cette année - sans que je sache vraiment pourquoi : je n'avais pas eu l'impression d'avoir tant programmé de floraisons. Voici les harmonies que j'ai préférées.

Le rosier Big Purple sur fond de Calamagrostis Avalanche - couleurs et structures bien opposées. La graminée est chétive, ayant mal supporté le gel de ses premières feuilles, mais ainsi, elle avantage le rosier dont j'ai dû retailler les bouts brûlés.


Une scène que le vent a créé en couchant Ammi majus, Nepeta Six Hills Giant, et Echinacea autour du faiblard mais sublime Burgundy Ice.


Le massif plein soleil, le massif sud,  fleurit dans un joli charivari! Le rosier Emera s'est étalé, mais cela n'a pas empêché les phlox et les aulx de prendre leur place. Quant au Crocosmia Lucifer, il fait partie de tous mes étés. Je songe parfois à lui changer de place, mais à chaque floraison, je me dis que je ne vais pas casser ce flamboiement.


A l'ombre du chêne, on n'est pas en reste. Les feuillages font le décor et finalement, seul un érable japonais aura péri. Les autres ont fait du bois sec, mais les bourgeons dormants ont réussi à éclore. Je les ai taillés légèrement, histoire de leur garder une jolie silhouette, et j'aviserai au printemps prochain si je dois intervenir plus lourdement.


La glycine - vous vous rappelez le désastre ? - a fleuri pendant la canicule. Ce n'est pas l'opulence du printemps, mais je m'en contenterais après l'avoir imaginée perdue! Et les soirées chaudes  attisent son parfum...


Les pois de senteur vivaces n'ont pas fait long feu, mais leur rose soutenu a attiré de nombreux papillons et ils se sont mariés joliment aux autres roses du jardin. L'estragon a pris l'ascenseur et comme il n'est pas très aromatique, je le laisse filer. C'est la première fois que les graines reçues de Ammi Majus ont germé chez moi. et je ne me lasse pas de les contempler et de les photographier. Mes semis en couche n'ont jamais rien donné,  et de guerre lasse, je les ai jetées dans le massif en me disant : "Marche ou crève!". Très efficace, cette méthode!


Et pour terminer en douceur, photo du petit matin, Evelyn toute droite entre Emera et Nepeta... L'accord parfait pour moi!


Beaucoup de reconnaissance pour ce  beau mois de juillet!

mercredi 12 juillet 2017

De l'ail, des aulx...

Une famille qui se plaît au jardin:  la famille de l'ail - malgré la terre lourde et humide, et contre tout bon sens... mais je ne vais pas m'en plaindre.

Le roi, c'est lui, l'ail d'ornement, la sphère mauve, qui se décline en plusieurs variétés. J'en ai planté un peu partout et comme ils me font la grâce de fleurir plusieurs années de suite, je ne reconnais plus leur petit nom...


Ce feu d'artifice passe du violet sombre au blanc, par toutes les nuances du coloris


Celui qui me paraît le plus excentrique est sans conteste l'Ail de Bulgarie, ou Allium nectascordum siculum. Des clochettes délicatement striées et beaucoup d'élégance.


Les moins performants restent l'Allium caeruleum, qui ne fleurit qu'une année et dont le bulbe se perd ensuite et l'Allium roseum dont les fleurettes éparpillées n'ont pas grand intérêt dans mes massifs. Il vaut mieux admirer ce dernier dans la nature!


Je n'oublie pas les comestibles , en commençant au printemps par le délicieux Ail des Ours que j'aime bien ajouter à mes salades, ou à mes grillades. Si le coeur vous en dit, vous pouvez voir ici, l'article que j'écrivais en 2011, accompagné de ma recette toute simple de beurre à l'ail d'ours!


L'ail à feuilles plates, ou ciboule chinoise, - Allium tuberosum - lui se cueille d'avril aux premières gelées. Son parfum est plus délicat et il a sa place dans mon carré d'herbes pour la cuisine. Comme pour la ciboulette, j'en supprime une partie des fleurs pour ne pas épuiser la plante, mais je garde l'autre partie pour le plaisir des yeux, et la décoration des mets qui en contiennent.


Dans le même carré d'herbes, j'ai introduit cette année l'Allium molly à l'éclatante couleur! J'avais lu que l'on pouvait le manger. Mais j'ai trop attendu: la feuille était coriace! Contrairement au précédent, la plante sèche après la floraison... Décevant donc au niveau cuisine, mais pour sa lumière, il gardera son droit de cité.


Je terminerai par le plus tardif, le seul encore en fleurs actuellement, l'Ail sphaerocephalum. Je l'ai depuis très longtemps, et c'était un mal aimé : toujours couché, la tige bien trop frêle pour cette tête ronde!


Puis, je l'ai vu chez l'une d'entre vous mêlé à des graminées dans une scène mémorable, et j'ai déplacé mes bulbes. Rien la première année...  mais la seconde, je suis ravie du résultat!


La liste n'est pas exhaustive, je m'en doute, la famille est grande! Mais vous, aimez-vous l'ail au jardin?



dimanche 9 juillet 2017

Fraîcheur

Après la canicule, les orages nocturnes ont abreuvé le jardin. Ce matin, les limaces, les escargots et les gouttelettes étaient à la fête!


Une température presque fraîche et un bien être général ressenti par la jardinière et par le jardin... Quelques plantes bousculées par les vents, mais pas tant que ça... Même Annabelle a tenu bon.


Près du bassin, les Astrances sont de petits astéroïdes qui hésitent entre gris, blanc, rose et vert... des délicatesses un peu ébouriffées.


L'Euphorbe de Corse ne veut pas laisser échapper cette fraîcheur. Boire semble être la devise du jour et la modération n'est pas de circonstance!


A l'ombre des érables japonais, l'hosta et le bégonia font bon ménage et ajoutent un peu d'acidité dans un jardin que vous connaissez beaucoup plus coloré.


Les gros lys achetés pour meubler un endroit que les bulbes printaniers défleuris ont laissé bien dégarni sont encore en pot et ils ont ainsi bien supporté les grosses chaleurs des semaines passées. J'aime leur côté charnu et leur parfum qui est bien plus présent au crépuscule qu'à l'aube.


Et pour finir sur une note à peine plus soutenue, le rosier Grüss An Aachen - sauvé in extremis en deux saison passées en pot - a enfin fleuri!


Un soupir d'aise !

lundi 26 juin 2017

Les têtes roses

Pour fêter mon retour - quelle idée, les vacances en juin! - le jardin a sorti ses têtes roses.

Les pavots doubles - qui se resèment au gré de leur envie - ont attendu que je revienne. Je leur chuchote chaque année que leur jupon est celui que je préfère dans mon domaine!


En pastel ou en rose plus soutenu, ces chiffons me ravissent!


Ces pavots doubles étant assez rares, ce sont les roses roses qui me font la fête. La délicieuse Lilian Austin - plantée en 1991 - est en tête de mes préférées...


Mais son frère Abraham Darby n'est pas pour me déplaire non plus - surtout qu'il revit après le gel sur de nouvelles pousses. Il porte beau ses 23 ans lui aussi, alors que je l'avais cru moribond.


La plus jeune des trois, Evelyn, a cinq ans de moins - vous suivez? - et garde encore la tendresse de la jeunesse.


Le plus vieux de mes rosiers ne fait pas partie de cette prestigieuse famille des Austin. Il n'a pas de nom, il vagabonde, et cette année il a fleuri pendant un mois sans discontinuer. Je l'appelle le Rosier Oncle Georgy - je vous l'avais déjà présenté, je sais, mais cette année, il a donné sa pleine mesure de rosier ancien indétrônable!


Un petit dernier sur lequel je n'aurais pas parié un sou au mois de mai met une note plus vigoureuse dans la série des roses... Il s'agit de Burgundy Ice, faiblard de constitution, mais bien florifère.


Et pour terminer, un rosier thé acheté en 1991, qui fleurit assez différemment selon les années, le rosier Lolita.de Kordès, 1972 - à ne pas confondre avec Lolita Lempicka de Meilland - toujours entre orange et rose...


Des fleurs qui ont supporté sans broncher la canicule et la sécheresse pendant une bonne semaine! La ronde des déclinaisons du rose n'est pas terminée, mais ces vieux rosiers s'ils m'ont fait peur et s'ils ont fleuri tardivement se sont bien rattrapés!

dimanche 11 juin 2017

Pêle mêle

Le jardin revit et lentement les plantes guérissent... Il y a encore des séquelles, mais la nature a réparé bien des dégâts, et mon sécateur a fait le reste. Depuis quelques jours, la glycine a retrouvé sa belle chevelure blond vénitien qui cache presque les fleurs avortées. Ce n'est pas encore parfait certes, mais chaque jour, c'est mieux!


Les iris - je n'en ai pas eu tant que ça qui aient voulu fleurir - lancent leurs derniers feux. Ce jaune vanille délicieux est un tardif... Il a tendance à se coucher, mais celui-ci est resté fier.


Encore un étonnant - bien plus pâle que d'habitude! Mais je suis bluffée par sa classe...


Quant aux rosiers, il y a du bien, et du beaucoup moins bien. Etonnemment, les nouveaux rosiers ont mieux résisté que les anciens. Si tous vont fleurir, il y aura peu de gros bouquets, mais bien quelques fleurs isolées... sauf exception, comme avec Belle des Fagnes - un vrai cadeau qui me ravit par sa délicatesse de coloris et son port aérien...




Du côté des costauds, Hansa que j'avais taillé sévèrement a eu les bouts brûlés par le gel, mais il a rapidement repris le dessus...


et Pink Grootendorst fait du mieux qu'il peut... Mais la suite s'annonce bien pour lui. J'aime beaucoup sa fleur d'oeillets!


Parmi les faiblards, Gertrude Jekyll a résussi à faire quelques fleurs. Un rosier souffreteux, malingre, toujours malade, qui ne semble profiter ni du fumier, ni du compost que je lui ai fourni en abondance. J'avais envie de l'arracher, mais ce rose éblouissant me retient encore!


Et le Winchester Cathedral sur une tige décharnée m'a offert son blanc immaculé. Quand les rosiers anglais ne veulent pas démarrer... il n'y a pas grand chose à faire! Prendre ce qui nous est donné... et attendre.


Les deux cadeaux de cette année, c'est le merveilleux Cottage Rose qui fait des boutons sans discontinuer, au feuillage parfaitement sain et qui n'a pas souffert du tout du gel, malgré son emplacement peu protégé. 


et "mon" Cardinal de Richelieu  qui a bien fleuri cette année. Il reste mon chouchou capricieux, mais quoiqu'il arrive - vous vous rappellerez peut-être que c'est mon cinquième exemplaire - il aura toujours sa place chez moi.


Quelques floraisons aussi du côté des clématites, mais pas de profusion... juste quelques tiges particulièrement fournies, comme celle de X Empress TM, de très longue durée.


Je ramasse des tonnes de feuilles que le vent arrache au chêne fragilisé, mes érables japonais reprennent eux aussi doucement, malgré quelques branches séchées. Seuls les égopodes sortent triomphant de ces aléas climatiques - jamais ils n'ont tant fleuri!



jeudi 1 juin 2017

Gilets rouges

Cette semaine, entre beau temps et orages, le jardin a reçu la visite de ces messieurs dames en gilets rouges!
Le premier à se présenter a été le ravageur Criocère du lys qui a boulotté fritillaires et lys de bon coeur. Malgré sa joliesse laquée, il paie de sa vie son insatiable gourmandise!


Il est le seul à finir sous ma semelle vengeresse... Les autres me semblent sans danger!
La  Punaise Arlequin a suivi, et elle s'est jetée dans l'Anthriscus Raven's Wing dont elle a arpenté sans relâche feuilles et fleurs...


Sa soeur, la Punaise Gendarme, que l'on voit souvent débouler en masse comme toutes les maréchaussées, a été elle assez discrète et pas si nombreuse. Elle aime les situations chaudes et se tient près de mes épiaires, entre verdure et pierre.


Le plus flamboyant est le Clairon des ruches.  Il aime particulièrement l'Ail molly dans mon carré d'herbes aromatiques.


Pour finir cette cohorte colorée, un invité plus rare, mais gracieux lui aussi, c'est le Clytre des saules. Une sorte de coccinelle allongée!


Justement, les coccinelles! Aucune en vue cette année! Très peu l'année passée... et rien du tout cette année, ni dans les feuilles mortes, ni dans le fenouil bronze... Il est vrai que le grand fenouil qui abritait ses larves les années passées a trépassé de vieillesse. Mais les petits issus du semis naturel n'ont aucun visiteur!
Avez-vous constaté chez vous aussi l'absence des coccinelles ?