vendredi 26 août 2016

Impressions

Je n'ai pas beaucoup de vues d'ensemble du jardin en cette saison... Pas d'effet de masses, plutôt des couleurs fortes, avec des effets disséminés! Je ne manque pas de fleurs, non, mais elles se préfèrent solitaires, comme les dahlias...
Le bel Aramis est toujours fidèle, mais il aime être la vedette et c'est rare qu'il offre deux tiges fleuries en même temps. Il est suffisamment grand pour faire la scène à lui tout seul.


A nouveau au jardin, le magnifique si bien nommé Fascination... Je l'ai eu pendant des années, issu des rhizomes cultivés par ma mère. Puis je l'ai perdu... et recherché en vain. Cette année, en grand magasin, je l'ai retrouvé! Je vais être aux petits soins pour le conserver cet hiver!


Un autre rose égaie le bord de l'étang. La salicaire Little Robert est une revenante - j'ai même essayé de l'arracher heureusement sans succès! Ses fleurs étaient depuis toujours comme avortées, toutes rabougries, malgré mon obstination à voir un brouillard rose animer cet endroit un peu triste après la floraison des Astilbes et des rosiers grimpants. La voilà, toute belle, pour l'effet escompté!


Elle a si bien fleuri qu'elle plaît même aux papillons!


Une nouveauté au jardin aussi, en pot car je ne lui ai pas encore trouvé de place : l'Oiseau bleu, acheté trois sous six sous et dont je ne pensais pas qu'il pourrait s'épanouir si gracieusement! Je n'ai jamais eu d'Hibiscus syriacus, n'aimant pas ces buissons si dénudés au printemps, alors que l'on a tant besoin de vert! Mais pour la couleur de celui-ci, j'ai changé d'avis...


Du rose encore dans le coin des Hydrangéas. Comme je ne jette jamais rien, j'ai toute une série de ces hortensias à tête ronde - je les reçois en pots, pour mon plus grand plaisir au moment de leur belle floraison. Je les plante au jardin ensuite en croisant les doigts pour un printemps assez doux pour ne pas ruiner les nouvelles pousses... et parfois, cela marche!


Son frère, le Phantom hante toujours de sa blancheur l'entrée de la maison... et c'est encore depuis la chambre d'amis que je l'aime le mieux - comme un bouquet!


A ses côtés, le rosier Westerland joue avec la lumière de fin d'après-midi... Il est parti sur des tiges fortes, certes, mais si hautes que le vent le casse. Je le tuteure, mais je ne suis pas très contente de son allure dégingandée. Le printemps prochain, je le taillerai très bas - encore plus bas que cette année, pour qu'il veuille bien prendre un peu d'embonpoint. Rencontrez-vous le même problème avec ce rosier au coloris et au parfum exceptionnels?


Les rosiers remontent, malgré la canicule...  A l'entrée Big Purple a mérité son nom, et j'aime l'association avec le rosier Emera qui lui est en perte de vitesse....


Et juste au dessus, mais bien trop haut pour qu'elles entrent dans le cadre, les roses trémières jouent aux échelles du ciel...


Bien caché derrière les Phlox, le rosier Belle des Fagnes s'étoffe et apporte un peu de fraîcheur dans tous les coloris chaud du massif. Je pense qu'il atteindra la hauteur de ses voisins l'année prochaine et qu'il saura faire valoir ses arguments tout en tendresse!


Je me prélasse, c'est vrai, dans l'ombre du chêne,,, mais aux heures les plus fraîches, je désherbe les égopodes gigantesques et je rénove des vieux massifs que je ne vous montre que rarement, tant ils sont "désordre"! Je déplace des plantes, j'élague, je fais des projets d'associations... le tout dans l'urgence,  mes vacances de mi septembre approchant à grand pas!

mercredi 17 août 2016

Le mitan du mois

Au mitan du mois d'août, le jardin est comme alangui, comme fatigué par tant d'alternance de grande chaleur et de pluies orageuses. Les couleurs pâlissent, et même les roses pour leur seconde floraison ont  pris des teintes douces qui ne sont pas sans charme...

Rosier Lichtkônigin Lucia, Kordès 1966
Les Echinacées savent adoucir le tempérament turbulent des hémérocalles Crimson Pirate. J'aime leur association qui fait le jardin très estival!


Quelques épis timides de la persicaire anime l'arrière du bassin... Les plantes sont très saines, leurs feuilles très larges, mais la floraison est bien maigrelette et j'avoue être un peu déçue de cette performance!

Persicaire amplexicaule et Ruban de bergère
Dans le massif des nouveaux rosiers, le marsonia a sévi et les feuilles sont tombées. Pourtant, de nouveaux boutons sont en formation... Le ton y est actuellement donné par le semis des lavatères que je n'ai pas repiquées et qui ont décidé de fleurir sur place! Leur résistance est étonnante et je m'étonne de n'avoir pas réussi leurs semis les deux dernières années!


Sans souci, les Echinops sont bien présents et même s'ils se resèment abondamment, je vais les conserver, quitte à les déplacer plus à l'arrière du massif pour dégager les rosiers qui ont de la peine à lutter contre ces solides gaillards. Ils sont une ressource inépuisable pour tous les butineurs et c'est un plaisir de voir ceux-ci à l'oeuvre dès le premier rayon de soleil et jusqu'au crépuscule...


Les roses trémières ont elles aussi beaucoup souffert et leurs feuilles n'ont pas belle allure. Je les déplume au fur et à mesure, pour éviter leur aspect négligé! Je n'en ai plus que des rouges ou des roses, les pâles ont disparu... Un nouveau semis s'impose!


Toujours dans le rose, le bougainvillée, taillé sévèrement pour pouvoir être rentré aisément avant les premiers froids, fleurit abondamment, ayant bénéficié d'un rempotage en mars. Vieux de plusieurs années, il supporte relativement bien ce régime, malgré quelques branches séchées par année. Maintenir une liane en forme de petit buisson n'est pas sans risque. J'y tiens pourtant, en souvenir de mon jardin sahélien!


Et déjà, l'automne pointe son nez: premiers asters, encore discrets, premiers boutons de capucines, et la première Anémone du Japon...


Dans la viorne, les fruits se colorent, sous l'oeil impatient de la fauvette...


C'est très étonnant en cette saison, cette sensation d'automne, accentuée par la rosée et la légère brume du matin. On a basculé très vite dans la fin de saison, et j'ai reçu il y a quelques jours déjà le premier catalogue des bulbes de tulipes!




lundi 8 août 2016

Le petit peuple

Si juin est le mois des fleurs dans mon jardin, juillet est celui du petit peuple. Les oiseaux mettent une sourdine pendant les heures les plus chaudes, mais la gente bourdonnante est à pied d'oeuvre... Les hôtels à insectes n'avaient pas l'air d'être très habités cet hiver et j'étais déçue de leurs prestations, mais depuis le printemps, ils ne désemplissent pas. Je n'ai donc fait aucun traitement cette année, les pucerons ont sévi pendant plusieurs jours, et j'ai eu quelques pertes, je le reconnais, mais pas tant que ça!
J'ai compté sur les syrphes pour leur tenir la dragée haute et ils ont été fidèles au rendez-vous. Les plus nombreux en juillet sont les Syrphes porte-plumes, minis et élégants...

Sphaerophoria scripta sur fleur de Lampsane commune
Bien plus gros, mais toujours dans la même famille des syrphes, ce beau en gilet rayé s'est beaucoup occupé des rosiers...

Helophillus trivittatus 
et enfin, les bourdons! Ils sont de toutes mes heures de jardinage, n'hésitant pas à butiner la fleur que je tiens à la main. Tout leur a été bon: campanules, digitales, marguerites, lys et actuellement, les echinacées.

Bourdon terrestre 
C'est le show des fleurs volantes... J'aime être assise à l'ombre et regarder le butinage intensif du Tabac d'Espagne qui plane entre ombre et lumière, passant d'un massif à l'autre, semblant ne jamais trouver suffisamment de pitance pour s'arrêter plus d'une seconde. Sur le Buddleia il trouve une myriade de calices au délicieux nectar et il peut enfin s'abreuver...

Tabac d'Espagne
L'arbre à papillons mérite bien son nom, à en juger par le nombre de visiteurs... dont le plus rare, le Sphynx gazé aux ailes transparentes et aux antennes si larges!

Sphynx gazé
La Belle Dame,elle. est une assidue...

Belle Dame, Vanessa carduii
alors que le Myrtil fait feu de toute fleur mais semble préférer virevolter plus près du sol.

Le Myrtil, Manolia jurtina
La Sylvaine est toute petite, et sa forme la fait reconnaître tout de suite. Son activité fébrile semble ne jamais s'arrêter. Elle est rarement seule et c'est un joli remue-ménage dans l'ombre des buissons...


Enfin, contre la vitre du salon, bien chaude, celui-ci est venu se reposer... C'est la première fois que je le vois chez moi - et il n'est pas réapparu depuis cette visite!

Le Silène, Brintesia circe
Ca, c'est le monde poétique... Il y a d'autres habitants, tout aussi beaux,  mais qui font des dégâts plus ou moins supportables! Les criocères du lys malgré leur bel habit écarlate ne sont pas les bienvenus... et j'avais laissé vivre parce que je les admirais, les Chrysomèles de la menthe. Impossible dorénavant de me faire une tisane!

Chrysomèles de la menthe, Chrysolina herbacea
Voilà mes rencontres les plus marquantes de ce mois de juillet... il y en a bien sûr beaucoup d'autres, juste admirées, sans APN à portée, ou envolées avant le déclic!
Mais celle qui m'a fait le plus plaisir, c'est le retour de la grenouille rousse! Je ne l'avais pas revue, mettant sa disparition sur le compte de la présence des tritons dans le bassin et l'engorgement de celui-ci - ou alors sur le dérangement que Melle Seita cause à tout ce qui rampe ou vole à sa portée! Mais en nettoyant les hellébores, j'ai dû détruire sa retraite... et la voilà, longeant la terrasse pour rejoindre le massif plus humide. Une jeune grenouille sans doute, encore un peu pâle...

Grenouille rousse - Rania temporaria
Je craque complètement!